chez nous à ” la petite ambassade”      L’entrée du juvénat et sa charmante chapelle       derrière chez moi : le barrage de Saaba

Voici enfin quelques photos tant promises et si difficilement mises sur le blog !

C’est bon, j’ai trouvé le truc pour les charger facilement !

Désolée de vous avoir fait tant attendre…

    La messe sous le hangar servant servant habituellement de parking aux deux-roues des élèves          La messe de rentrée à l’établissement Gabriel Taborin

la joyeuse bande de coopérants ! week-end à Kaya : son barrage      barrage de Kaya et ses magnifiques couleurs

L’ecole au Burkina

Voilà maintenant plus de 3 semaines que je donne des cours à des burkinabé. Et ma première réaction fut : « Ca n’a rien à voir avec la France ! ». Tant au niveau pédagogique qu’au niveau disciplinaire, les différences sont importantes. D’après ce que j’ai vu et connu dans les classes françaises, j’ai pu constater qu’on attend des enseignants un certain savoir pédagogique et une transmissions de savoirs grâce à une didactique de la matière. L’importance du savoir vivre, après avoir été quelque peu abandonné, revient au goût du jour mais un peu tard à mon avis. Le mal étant fait. Ici, c’est un peu le contraire.

            La pédagogie est un mot abstrait pour beaucoup d’enseignants qui font leurs cours sans les préparer et de manière linéaire, sans faire de remédiation, d’activités de mise en situation, de démarche inductive… Ce sont des cours souvent magistraux et frontaux. Les élèves n’ont qu’à écouter et écrire. Du coup, quand on arrive dans la classe et qu’on leur pose des questions pour leur faire trouver la formule, on rame un peu. En plus, comme les classes sont chargées (environ 50 élèves), très peu d’entre eux osent poser des questions car ils ne s’autorisent pas perturber la classe et car ils savent que les professeurs n’auraient pas le temps de répondre à toutes leurs questions. Donc par habitude, ils restent avec leurs questions en tête en espérant comprendre seuls. De ce côté, il y a des choses à faire tant chez les élèves que chez les profs.

            Au niveau de la discipline, c’est aussi l’inverse. C’est un peu comme dans les années 50 en France (enfin j’imagine !) où les élèves ne se permettaient pas tout ce qu’ils se permettent aujourd’hui. C’est impressionnant comme ils sont sages, attentifs, travailleurs, motivés ! Ils t’écoutent bouche bée, pendue à tes lèvres et attendent qu’une chose : apprendre pour réussir !

Ils sont conscients qu’ils sont chanceux de pouvoir aller à l’école et veulent saisir cette occasion pour avoir un travail honorable.

Faire cours à 50 burkinabé est tellement plus facile et moins épuisant qu’enseigner à 25 petits français ! Bien sûr, il s’agit d’un collège et ne connaissant pas vraiment l’enseignement au collège en France, la comparaison est légèrement faussée. Mais cela dit, au primaire ici, il paraît qu’ils sont autant disciplinés. Il y a un respect évident du professeur qui n’a pas besoin de prendre artificiellement du pouvoir pour se faire obéir.

Mais alors à quoi s’est dû ? Sûrement à l’histoire de l’éducation en Afrique : chicoter les enfants était une pratique répandue et reste encore malheureusement un peu utilisée. Mais cela dit, les directeurs s’efforcent de faire respecter les règles de l’établissement sans force ni violence, mais avec certes des solutions radicales comme le renvoi définitif d’un élève en cas de vol par exemple.

Peut-être y a-t-il sur ce plan des choses à prendre pour rétablir l’ordre dans nos écoles françaises ??!!! A observer…

 

Et quelques photos du paysage burkinabé et de l’entrée du juvénat…!

 

 

Des anecdotes du quotidien qui font rire ici…

- Quand vous voulez demander faire une photocopie pour vos élèves, il faut la faire faire 3 jours avant. (autant dire que personne n’en fait : c’est une solution pour limiter le nombres de photocopies !)

- Pour connaître son emploi du temps définitif, il faut attendre 2 semaines après la rentrée !

- Aujourd’hui a eu lieu la rentrée scolaire à l’établissement Gabriel Taborin (où je donne des cours de maths en 4ème et 6ème (ça aussi, ça a changé en cours de route !) et de Physique-Chimie en BEP 1ère année) et je devais donner cours de 9h10 à 11h35 hors j’avais cours au juvénat de 10h à 12h ! Ca commence bien !

- Si tu veux savoir quel manuel scolaire ont les élèves, tu obtiens la réponse au bout de 8 jours et quand vient la rentrée, tu t’aperçois que les élèves n’ont qu’un livre pour 2 ou 4.

- Quand au matériel disponible au labo de physique (si on peut parler de labo en voyant une salle à fenêtre ouverte, sans étagères ni tables, ni armoires avec du matériel à même le sol, tout poussiéreux), on trouve quelques tubes à essais, deux oscilloscopes, des produits emballés dans des sacs plastiques, des composants électroniques, un aimant, des ressorts… Un peu de tout, mais en très petite quantité et en mauvais état. La liste du matériel souhaité va-t-elle être suffisamment considérée pour satisfaire les besoins ?