Que de choses vécues ces derniers temps, ici à Saaba et ailleurs.
Les cours tout d’abord qui continuent avec plus d’intensité au regard des notes qui ne sont pas très élevées : il faut alors donner des cours de soutien le soir pour mieux aider les élèves en difficulté. Il y a beaucoup à faire car leur passé d’écolier en primaire ne leur permet pas de passer à une réflexion devant un problème de mathématiques où il faut obligatoirement se creuser les méninges ! Par contre, pour apprendre par cœur, ce sont les rois ! Mais avec persévérance et patience, on peut y arriver…
A l’EGT, je fais partie des enseignants qui encadrent le bureau des élèves dans l’organisation de leurs activités culturelles, sociales et sportives (mon domaine). Ca peut être intéressant…
Quant aux activités, j’ai maintenant établi un emploi du temps fixe : cours de piano le lundi, volley le mardi, mercredi repos, jeudi, vendredi et samedi basket et le dimanche parfois du ping-pong ou des matchs de foot pour le plaisir ! (en attendant de monter une équipe féminine… !). Je ne m’ennuie pas ! Je viens en plus hier soir de prendre 2 autres responsabilités auprès des juvénistes (au niveau chant et rédaction du journal trimestriel)…
Je donne également des cours particuliers au secrétaire du juvénat qui vit dans des conditions déplorables. Il n’a pas eu son BEPC (Brevet des collèges) et ne peut donc pas bien gagner sa vie. Même ici, il n’est pas bien payé : 25 000 FCFA ( 250 F) par mois pour faire vivre 3 personnes (sa femme et son enfant en plus de lui) sachant que par mois, à moi seule, je dépense 20 000 F pour manger (à la burkinabè), ça laisse songeur… Alors, comme son objectif est d’obtenir ce diplôme pour espérer une meilleure vie, nous tentons de l’aider dans en mathématiques pour moi et en Français et PC pour le couple de coopérants.
Je me prends quand même du bon temps en profitant des avantages de la ville et de la brousse : soirées au maquis (= restaurant) et bar dansant, visites chez les uns et les autres des coopérants, cinéma… La semaine dernière a eu lieu le SIAO. Peut-être en avez-vous entendu parler ? C’est le Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou où beaucoup d’artisans africains viennent présenter leurs produits mais surtout les vendre ! Je m’attendais à un salon plus organisé où les stands étaient répartis par pays avec une présentation de leur travail. Mais pas du tout, c’est une genre de foire où on déambule dans les allées en essayant de se débarrasser gentiment des vendeurs qui nous suivent durant des mètres pour nous convaincre d’entrer dans son stand. Alors, on fait preuve de patience et d’humour en disant qu’on a déjà des chaussures pour marcher ou autre méthode, on dévie la conversation sur son origine, son travail… Le dernier jour, ils cassaient les prix (pour gagner encore un peu afin de rentrer chez eux, pas toujours rentable…) alors j’ai fait des affaires et m’africanise ainsi peu à peu (robe, bracelet, tunique, belle nappe avec motifs africains peints, bibelot en ébène…)
Voilà, je m’arrête là. Je pense que ça vous donne déjà une petite vision de mes semaines au Burkina.
J’allais oublier : J’apprends le djumbé avec deux de mes élèves de 4ème. Evidemment, je m’en suis achetée un ! Il faut bien que je m’entraîne !