Après l’effort, le réconfort !

Qui dit mai, dit dernier mois de l’année scolaire, dit également sortie de l’excellence !

Mais qu’est-ce donc ceci ?

Eh bien pour encourager les élèves à travailler, ils récompensent les meilleurs. Au 1er cycle (6ème à 4ème) il faut avoir 15 de moyenne ; au 2nd cycle (2nde, 1ère, BEP) ils leur faut 14 ; les élèves en classes d’examens ne peuvent pas y bénéficier en raison des dates des épreuves trop proches.

Cette année, elle a eu lieu dans la région la plus touristique et donc la plus belle du Burkina : Banfora ! 4 jours d’intenses moments, 4 jours d’échanges avec les élèves, 4 jours de visites et de détente, 4 jours de rencontre avec une autre ethnie, 4 jours de véritables vacances pour ces enfants… Deux visites à noter :

- La Société Nouvelle des Grands Moulins du Burkina (SN-GMB) :

Comme je sais que ça doit intéresser certains d’entre vous, et moi aussi bien évidemment, je vous fais part de mes impressions et de la p’te histoire de ce grand moulin :

Il existe 2 moulins au Burkina (à Ouaga et à Banfora). Celui de Banfora vient de rouvrir ses portes en janvier dernier avec un relooking et une modernisation des machines. Mais quand je dis « modernisation », faut pas rigoler avec ça ! Vous ne me croirez peut-être pas, mais je n’avais jamais vu de pareilles machines auparavant !

Le blé arrive par le train qui s’arrête exactement au moulin et déverse ses tonnes de grain dans les 32 silos à blé ! Du coup, il en faut des appareils à cylindre, des planchisters, des tuyaux à air pour acheminer la matière première (etc…) et tout ceci en neuf ! Il y a même une machine qui détecte le moindre métal et l’attire sur les parois de son cylindre (voir photo) !

Un laboratoire d’analyse du grain, de la farine et une mini boulangerie sont également sur le site.

Bref, une belle entreprise entièrement automatisée, pouvant même être démarrée depuis Paris !

Le Burkina s’est ici pris en main et ça fait plaisir à voir !

- CLIMA : Centre Lassalien d’Initiation aux Métiers de l’Agriculture :

Il s’agit d’un centre de formation perdu dans la brousse de Beregadougou (près de Banfora) créé il y a 2 ans par les frères des écoles chrétiennes (de Jean-Baptiste de Lasalle) consistant à former des couples aux métiers agricoles et manuels.

Le couple s’inscrit pour 2 ans et suit des cours théoriques et pratiques de façon à pouvoir gérer une ferme (travail de couture, artisanat pour la femme) à l’issue de la formation. Ils logent sur place avec leurs enfants s’ils en ont. Ils possèdent chacun une parcelle pour leur jardin et consomment ce qu’ils produisent. Des cours d’alphabétisation sont aussi dispensés pour leur permettre d’acquérir une base.

Ce beau projet de développement local est bien parti mais il ne fonctionnerait pas sans l’aide de partenaires internationaux (dons de particuliers, de communautés, jumelage…) Il leur faudra encore un peu de temps avant de pouvoir être autonomes. Comme toute création demande des investissements et que le gouvernement n’est pas prêt à les prendre en charge entièrement, il faut donc remercier l’aide extérieure.

Début juillet : Moment choc des vacances à ne rater sous aucun prétexte : Le stage multisports proposé par le comité sportif de l’EGT.

Le problème est que beaucoup l’ont raté !!!

Bon, commençons par le positif :

Le stage avait pour objectif de faire découvrir aux jeunes sportifs la diversité des activités sportives. Beaucoup ne jurent que par le football, sport roi du pays, mais souvent par non connaissance ou non expérience d’un autre sport collectif. Lors de chacune des 6 matinées, on proposait un sport collectif (basket, hand, foot, ultimate, volley) et après la pause, un jeu collectif (thèque, balle au prisonnier, drapeau, gamelle). Ils ont fait preuve d’enthousiasme et d’une très grande motivation toute la semaine. Le bilan du côté des joueurs est très positif car ils ont pris conscience qu’ils pouvaient prendre beaucoup de plaisir à jouer autrement qu’avec le pied !

Le hic de la chose est qu’on avait tablé sur une centaine d’inscrits sur les 600 élèves informés (avec une information passée à 2 reprises dans chaque classe) et que seuls 10 jeunes étaient présents !! Pourquoi ? C’est la question que je me pose encore.

Depuis 2 ans, je m’efforce de sensibiliser et motiver un maximum de jeunes au sport et comme le résultat n’était pas exceptionnel, on se questionne alors. Est-ce un problème de matériel (terrains, ballons…), de manque de persuasion de la part des profs de sport, de soutien des parents auprès de leurs enfants ou tout simplement un manque d’intérêt chez les jeunes ? Après réflexion et prise de recul, je penche plus pour les 2 dernières hypothèses. D’une manière générale, on remarque un manque de curiosité et d’intérêt pour les activités culturelles. De plus, les parents commencent de plus en plus à démissionner de leurs responsabilités et laissent leurs enfants livrés à eux-mêmes pendant les longues vacances de 4 mois. Et on sait tous que sans le soutien des parents, il n’est pas facile de convaincre un enfant. Mais comme l’évolution est à la modernisation, l’intérêt pour le sport devrait aussi venir tout doucement…

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