BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS !!!

            Me revoilà enfin à la surface après quelques temps immergée dans le travail puis dans les vacances. Les deux sont aussi prenants l’un que l’autre !

La fin de trimestre a été plutôt harassante. Il fallait corriger les derniers devoirs et composition (période de devoirs dans toutes les matières), faire les moyennes, rendre les notes, participer aux 3 conseils de classe, s’occuper de rentrer sur ordinateur les articles du Juv’Info (journal trimestriel des juvénistes). Et puis j’ai déménagé !

            Eh oui, au bout de plus de 3 mois de colocation avec le couple de coopérants, il a été convenu que je quitte le logement au juvénat pour leur laisser plus de vie privée. Ainsi, je suis désormais à 4 kms de là, c’est-à-dire près de l’EGT (où je donne la majorité de mes cours) et plus près de Ouaga, dans une maison avec un autre coopérant, Xavier. Cette nouvelle colocation s’annonce bien.

 

Est vite venu Noël… Drôles de sensations…

            Tout d’abord, j’ai eu du mal à me mettre dans l’ambiance de Noël. J’ai pris réellement conscience que j’associais Noël à « hiver, lumières, famille, sapins, cadeaux ». Or ici, rien de tout ça. A part la crèche et les 2 guirlandes installées le 24 au soir, il fallait voir sur ma montre « 24 12 » pour être convaincue d’être la veille de Noël. A 22h, nous sommes parties à la veillée au juvénat. Belle messe avec de très beaux chants à 4 voix et des danses autour de l’hôtel. Vous ne le croirez pas mais à minuit, nous étions sortis ! On a pris le repas à la communauté des frères à Taborin. Bien sûr, il n’y avait pas de dinde aux marrons, ni de bûche, ni de chocolats mais c’était quand même amélioré. Et je dois avouer que j’avais le cœur un peu ailleurs…

 

 

Parlons un peu de mes vacances dans le désert entre coopérants…

On peut dire qu’elles ont été « spécialement inoubliables ! » Vous allez comprendre pourquoi :

Départ prévu du car à 7h30. On se pointe à 7h avec nos billets réservés mais surprise, le car plein à craquer part sous nos yeux. Râlant en vain auprès des agents, on se résigne à attendre jusqu’à 13 h le prochain départ. Vers 11h, je commence à avoir des frissons et des coups de chaleur…

On prend le car jusqu’à Dori, ville aux portes du Sahel. Accueillie par une dame qu’on ne connaît pas (enfin, c’est un contact d’un ami d’une amie !), on s’installe chez elle. Le lendemain, on part en bâchée, jusqu’à Gorom-Gorom pour voir le grand marché puis on poursuit jusqu’à Oursi où des magnifiques dunes de sable s’offrent à nous.

Mais au retour, je commence à avoir très chaud, anormalement…Mais il faudra attendre avant de pouvoir s’allonger car on crève. Une fois arrivés à bon port, je file vers le lit !

Le lendemain, comme la santé ne s’améliorait pas, on m’emmène à l’hôpital et là, le diagnostic tombe : paludisme grave ! ouille ! mais pas de panique, une gentille infirmière s’occupe bien de moi, me donne des perfusions, veille sur moi. J’apprends qu’elle est née le même jour que moi !

Mes amis coopérants passent aussi beaucoup de temps auprès de moi, mangent au réfectoire de l’hôpital et ne me laissent pas seule la nuit. En plus, j’ai la chance d’être tombée sur un bon hôpital car c’est le 2ème meilleur du Burkina ! Finalement, je suis gâtée !!

Le 31 décembre, je souhaite sortir pour ne pas passer le nouvel an ici ! Je le passe alors chez l’amie qui m’apporte un très bon repas (pop corn, beignets de crevettes, frites, une pomme) au lit. Au réveil, on est en 2007 et il faut bientôt rentrer sur Ouaga.

 

 

 

Me voilà à Saaba, la rentrée est faite.

On est reparti pour 12 semaines de cours

avant les prochaines vacances !

 

Réponses au petit quiz :

1. Une bâchée est une voiture à la partie arrière découverte.

2. Le tô est en effet un plat à base de mil : pâte blanche sans goût à laquelle je me suis pas encore familiarisée !

3. Ils accourent vers leur professeur pour lui porter ses affaires, signe de respect.

4. Les quatre propositions sont vraies : pieds nus, en tong, en sandales d’eau ou en chaussures de sport, du moment qu’ils puissent courir, ils sont ravis !

5. Le deux-roues bien sûr : vélo, mob, scooter, moto : voici les principaux engins de déplacement (et donc d’accidents…)

6. par une poignée de main en finissant par se claquer les doigts mutuellement. ( je suis encore en période d’entraînement car pas facile de faire bien claquer comme eux !)

7. Avec une moyenne de 2h30 de prière par jour, on peut dire qu’ils sont bien préparés à être frères !

8. Un maquis, c’est un restaurant ou une brasserie.

9. Attention, tenez vous bien : un camembert Président coûte ici 5 € !! Il faut vraiment avoir un coup de déprime pour oser craquer !

10. Ils crient « Nassara, nassara ! » et courent vers nous, sans s’en approcher trop quand même, on ne sait pas ce qu’ils pourraient faire !

 

Bien joué à ceux qui ont obtenu plus de 7 bonnes réponses : Félicitations, vous avez gagné le droit de venir vérifier par vous-mêmes ! et pour ceux qui n’ont malheureusement pas atteint ce score, je leur propose un petit stage de remédiation sur place ! Allez, tout le monde dans l’avion !

 

En attendant, bonne période festive, bon Avent et joyeuses fêtes !

De mon côté, je vais passer une semaine dans le désert où je fêterai la nouvelle année !!! Oui, c’est vrai, je ne suis pas à plaindre !!!

Un petit quiz…

Plusieurs solutions sont possibles… Bonne chance !

 

1. Qu’appelle-t-on une bâchée ?

a. une petite bâche                   b. une voiture à la partie arrière découverte                  c. un toit de paille

 

2. Qu’est-ce que le tô ?

a. un vent violent                      b. un plat à base de mil c. une épice

 

3. Pourquoi des élèves viennent à vous avant que vous ne rentriez dans leur classe pour y faire cours ?

a. pour porter votre sac           b. pour vous montrer le chemin            c. pour réclamer des points.

 

4. Avec quoi aux pieds font-ils du sport ?

a. rien                          b. des sandales d’eau               c. des tongs                 d. des chaussures de sport

 

5. Quel est le moyen de déplacement qui est roi dans le pays ?

a. la voiture                  b. la charrette               c. le 2 roues     d. le 4×4

 

6. Par quel geste se salue-t-on ?

a. 2 bises         b. poignée de main       c. poignée de main en claquant des doigts        d. salut de la main

 

7. Combien de temps en moyenne les juvénistes passent-ils à prier chaque jour ?

a. 30 min                     b. 1h30            c. 2h30                        d. 3h30

 

8. Qu’est-ce qu’un maquis ?

a. un lieu où se cachent les brigands                 b. une boîte de nuit                  c. un restaurant

 

9. Combien vaut un camembert dans une alimentation ?

a. 100 Fcfa (0,15 €)                b. 600 Fcfa (1 €)         c. 2000 Fcfa (3 €)       d. 3000 Fcfa (5 €)

 

10. Que font les enfants quand ils voient passer des blancs ?

a. ils font demi-tour en courant b. ils les regardent, immobiles   c. ils font des grands coucou de la main et crient « Nassara, nassara » (« le blanc » en mooré, langue locale)

Ces dernières semaines…

Que de choses vécues ces derniers temps, ici à Saaba et ailleurs.

            Les cours tout d’abord qui continuent avec plus d’intensité au regard des notes qui ne sont pas très élevées : il faut alors donner des cours de soutien le soir pour mieux aider les élèves en difficulté. Il y a beaucoup à faire car leur passé d’écolier en primaire ne leur permet pas de passer à une réflexion devant un problème de mathématiques où il faut obligatoirement se creuser les méninges ! Par contre, pour apprendre par cœur, ce sont les rois ! Mais avec persévérance et patience, on peut y arriver…

            A l’EGT, je fais partie des enseignants qui encadrent le bureau des élèves dans l’organisation de leurs activités culturelles, sociales et sportives (mon domaine). Ca peut être intéressant…

            Quant aux activités, j’ai maintenant établi un emploi du temps fixe : cours de piano le lundi, volley le mardi, mercredi repos, jeudi, vendredi et samedi basket et le dimanche parfois du ping-pong ou des matchs de foot pour le plaisir ! (en attendant de monter une équipe féminine… !). Je ne m’ennuie pas ! Je viens en plus hier soir de prendre 2 autres responsabilités auprès des juvénistes (au niveau chant et rédaction du journal trimestriel)…

 

            Je donne également des cours particuliers au secrétaire du juvénat qui vit dans des conditions déplorables. Il n’a pas eu son BEPC (Brevet des collèges) et ne peut donc pas bien gagner sa vie. Même ici, il n’est pas bien payé : 25 000 FCFA ( 250 F) par mois pour faire vivre 3 personnes (sa femme et son enfant en plus de lui) sachant que par mois, à moi seule, je dépense 20 000 F pour manger (à la burkinabè), ça laisse songeur… Alors, comme son objectif est d’obtenir ce diplôme pour espérer une meilleure vie, nous tentons de l’aider dans en mathématiques pour moi et en Français et PC pour le couple de coopérants.

           

            Je me prends quand même du bon temps en profitant des avantages de la ville et de la brousse : soirées au maquis (= restaurant) et bar dansant, visites chez les uns et les autres des coopérants, cinéma… La semaine dernière a eu lieu le SIAO. Peut-être en avez-vous entendu parler ? C’est le Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou où beaucoup d’artisans africains viennent présenter leurs produits mais surtout les vendre ! Je m’attendais à un salon plus organisé où les stands étaient répartis par pays avec une présentation de leur travail. Mais pas du tout, c’est une genre de foire où on déambule dans les allées en essayant de se débarrasser gentiment des vendeurs qui nous suivent durant des mètres pour nous convaincre d’entrer dans son stand. Alors, on fait preuve de patience et d’humour en disant qu’on a déjà des chaussures pour marcher ou autre méthode, on dévie la conversation sur son origine, son travail… Le dernier jour, ils cassaient les prix (pour gagner encore un peu afin de rentrer chez eux, pas toujours rentable…) alors j’ai fait des affaires et m’africanise ainsi peu à peu (robe, bracelet, tunique, belle nappe avec motifs africains peints, bibelot en ébène…)

 

            Voilà, je m’arrête là. Je pense que ça vous donne déjà  une petite vision de mes semaines au Burkina.

 

J’allais oublier : J’apprends le djumbé avec deux de mes élèves de 4ème. Evidemment, je m’en suis achetée un ! Il faut bien que je m’entraîne !

chez nous à ” la petite ambassade”      L’entrée du juvénat et sa charmante chapelle       derrière chez moi : le barrage de Saaba

Voici enfin quelques photos tant promises et si difficilement mises sur le blog !

C’est bon, j’ai trouvé le truc pour les charger facilement !

Désolée de vous avoir fait tant attendre…

    La messe sous le hangar servant servant habituellement de parking aux deux-roues des élèves          La messe de rentrée à l’établissement Gabriel Taborin

la joyeuse bande de coopérants ! week-end à Kaya : son barrage      barrage de Kaya et ses magnifiques couleurs

L’ecole au Burkina

Voilà maintenant plus de 3 semaines que je donne des cours à des burkinabé. Et ma première réaction fut : « Ca n’a rien à voir avec la France ! ». Tant au niveau pédagogique qu’au niveau disciplinaire, les différences sont importantes. D’après ce que j’ai vu et connu dans les classes françaises, j’ai pu constater qu’on attend des enseignants un certain savoir pédagogique et une transmissions de savoirs grâce à une didactique de la matière. L’importance du savoir vivre, après avoir été quelque peu abandonné, revient au goût du jour mais un peu tard à mon avis. Le mal étant fait. Ici, c’est un peu le contraire.

            La pédagogie est un mot abstrait pour beaucoup d’enseignants qui font leurs cours sans les préparer et de manière linéaire, sans faire de remédiation, d’activités de mise en situation, de démarche inductive… Ce sont des cours souvent magistraux et frontaux. Les élèves n’ont qu’à écouter et écrire. Du coup, quand on arrive dans la classe et qu’on leur pose des questions pour leur faire trouver la formule, on rame un peu. En plus, comme les classes sont chargées (environ 50 élèves), très peu d’entre eux osent poser des questions car ils ne s’autorisent pas perturber la classe et car ils savent que les professeurs n’auraient pas le temps de répondre à toutes leurs questions. Donc par habitude, ils restent avec leurs questions en tête en espérant comprendre seuls. De ce côté, il y a des choses à faire tant chez les élèves que chez les profs.

            Au niveau de la discipline, c’est aussi l’inverse. C’est un peu comme dans les années 50 en France (enfin j’imagine !) où les élèves ne se permettaient pas tout ce qu’ils se permettent aujourd’hui. C’est impressionnant comme ils sont sages, attentifs, travailleurs, motivés ! Ils t’écoutent bouche bée, pendue à tes lèvres et attendent qu’une chose : apprendre pour réussir !

Ils sont conscients qu’ils sont chanceux de pouvoir aller à l’école et veulent saisir cette occasion pour avoir un travail honorable.

Faire cours à 50 burkinabé est tellement plus facile et moins épuisant qu’enseigner à 25 petits français ! Bien sûr, il s’agit d’un collège et ne connaissant pas vraiment l’enseignement au collège en France, la comparaison est légèrement faussée. Mais cela dit, au primaire ici, il paraît qu’ils sont autant disciplinés. Il y a un respect évident du professeur qui n’a pas besoin de prendre artificiellement du pouvoir pour se faire obéir.

Mais alors à quoi s’est dû ? Sûrement à l’histoire de l’éducation en Afrique : chicoter les enfants était une pratique répandue et reste encore malheureusement un peu utilisée. Mais cela dit, les directeurs s’efforcent de faire respecter les règles de l’établissement sans force ni violence, mais avec certes des solutions radicales comme le renvoi définitif d’un élève en cas de vol par exemple.

Peut-être y a-t-il sur ce plan des choses à prendre pour rétablir l’ordre dans nos écoles françaises ??!!! A observer…

 

Et quelques photos du paysage burkinabé et de l’entrée du juvénat…!

 

 

Des anecdotes du quotidien qui font rire ici…

- Quand vous voulez demander faire une photocopie pour vos élèves, il faut la faire faire 3 jours avant. (autant dire que personne n’en fait : c’est une solution pour limiter le nombres de photocopies !)

- Pour connaître son emploi du temps définitif, il faut attendre 2 semaines après la rentrée !

- Aujourd’hui a eu lieu la rentrée scolaire à l’établissement Gabriel Taborin (où je donne des cours de maths en 4ème et 6ème (ça aussi, ça a changé en cours de route !) et de Physique-Chimie en BEP 1ère année) et je devais donner cours de 9h10 à 11h35 hors j’avais cours au juvénat de 10h à 12h ! Ca commence bien !

- Si tu veux savoir quel manuel scolaire ont les élèves, tu obtiens la réponse au bout de 8 jours et quand vient la rentrée, tu t’aperçois que les élèves n’ont qu’un livre pour 2 ou 4.

- Quand au matériel disponible au labo de physique (si on peut parler de labo en voyant une salle à fenêtre ouverte, sans étagères ni tables, ni armoires avec du matériel à même le sol, tout poussiéreux), on trouve quelques tubes à essais, deux oscilloscopes, des produits emballés dans des sacs plastiques, des composants électroniques, un aimant, des ressorts… Un peu de tout, mais en très petite quantité et en mauvais état. La liste du matériel souhaité va-t-elle être suffisamment considérée pour satisfaire les besoins ?

En pleine acclimatation…

L’acclimatation, ah quelle affaire !!

Et ce n’est pas qu’en matière de météorologie ! Bien sûr, il faut s’adapter aux températures pas toujours très fraîches mais supportables (de 25°C la nuit à 35°C en journée) et prendre les bons réflexes quand on part en mobylette (regarder d’abord le ciel car s’il est gris, mieux vaut ne pas s’aventurer tout de suite et attendre que l’averse soit passée ; toujours penser à prendre un kway ;  s’asperger de bombe anti-moustique si on pense revenir après la tombée de la nuit…)

Mais en plus du temps, il y a la nourriture ! A mon arrivée, j’ai trouvé les menus très variés et très appétissants mais après réflexion on s’aperçoit que ça ne varie pas tant que ça ! Midis et soirs, on peut avoir : pâtes, riz, tô (pâte de mil que je n’arrive pas encore à apprécier), petits pois, ignames, benga (pas de traduction en français, genre de lentilles sèches), très peu de viande, de temps en temps une salade de crudités (tomates, concombres, oignons), des petites bananes frits (ça par contre, c’est trop bon !) mais jamais de dessert. Dur dur pour mon estomac ! Vivement que la gazinière de notre maison soit réparée pour qu’on puisse manger de temps en temps autre chose ! Je dis ça mais finalement, je n’ai pas trop à me plaindre puisque j’ai la chance de faire l’expérience de nouvelles sensations gustatives ! Comme le bissap ou le zom koom qui sont des boissons d’ici !

 

En terme d’acclimatation, on peut aussi parler du rythme quotidien. Pour le moment, je suis encore un peu en vacances car je n’ai que 5 heures de cours de maths par semaine. L’autre collège-lycée où je donne la plupart de mes cours ne fait sa rentrée que le 2 octobre. Donc, je ne suis pas encore rôdée… Faudra voir comment je réagis aux levers à 6h15 tous les jours !

 

Je pourrai parler aussi de l’acclimatation au niveau culturel, mais ce serait un trop gros chapître à traiter alors je préfère lui réserver un article à lui tout seul, à venir…

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